Le serpent, animal tutélaire de 2025 en Chine, n’y a pas les connotations négatives qui lui sont attachées en Occident, depuis que l'image biblique du tentateur diabolique a éclipsé les visions moins manichéennes de l'animal chthonien des croyances antérieures.
En Occident, l’image du serpent ne conserve que peu d’aspects positifs. En Ouroboros, il représente la continuité. Avec ses mues, signes de régénération, et son venin/poison/potion, il symbolise la médecine (le caducée).
Il est dualité, entre destruction et savoir.
Dans la Bible, malgré une certaine ambiguïté, comme l’image du serpent d’airain salvateur de Moïse, la représentation de l’animal en incarnation de la tentation et du péché, écrase tout. Elle a modelé la vision dominante du serpent dans les civilisations héritières du Livre.
Depuis Ève, victime-complice de la bête, un thème revient souvent, celui de la femme-serpent qui se transforme pour séduire un homme. On songe à la fée Mélusine ou à la Vouivre dans nos légendes françaises.
Malgré la beauté et l'amour qui traversent parfois ces histoires, elles ont souvent en Europe un fond ou une conclusion dramatique, effrayante, de l'ordre du maléfique.
En Chine, le serpent est aussi lié à la féminité, plus précisément au côté Yin (féminin) de l'énergie, mais avec des représentations légendaires plutôt positives.
Il y a bien longtemps, au sommet du mont Emei, l’une des quatre montagnes sacrées du bouddhisme chinois, dans la province du Sichuan, vivait un esprit, sous la forme d’un serpent blanc. Ce serpent s’appelait Bai Suzhen (白素贞) qui signifie quelque chose comme « Blanche Vertu ».
Après des siècles de méditation et d’ascèse, il avait acquis des pouvoirs magiques et la capacité de se transformer en une magnifique jeune femme.
Curieuse de voir le monde des humains, elle descendit sur terre avec son amie Xiaoqing, un serpent vert aussi capable de prendre forme humaine.
Un jour, une pluie soudaine s’abattant sur le Lac de l’Ouest à Hangzhou, elles rencontrèrent Xu Xian, jeune érudit au cœur pur.
Ce dernier, galant, offrit son parapluie à Bai Suzhen, et de ce geste naquit leur amour.
Très vite, Bai Suzhen et Xu Xian se marièrent et vécurent à Hangzhou, le Serpent Blanc, toujours sous forme humaine, utilisant son savoir magique pour préparer des remèdes pour les malades.
Mais un moine taoïste du temple de Jinshan, Fahai, découvrit la véritable nature de Bai Suzhen. Convaincu qu’un esprit ne devait pas s’unir à un humain, il conseilla à Xu Xian de faire boire à sa femme pour la Fête des Bateaux-Dragons, du vin de réalgar, du « xionghuang ».
Cet alcool était utilisé pour repousser les esprits.
Bai Suzhen, piégée, ne put contenir sa transformation et révéla son véritable corps de serpent sous les yeux horrifiés de son mari, qui s’évanouit de peur et fut ensuite emprisonné par Fahai pour avoir fauté avec un esprit.
Désespérée, Bai Suzhen, lutta ensuite contre Fahai pour libérer Xu Xian, mais affaiblie par sa grossesse, elle fut vaincue et enfermée dans la Pagode du Tonnerre (Leifeng Ta), au bord du Lac de l’Ouest. (📷 coll. perso)
Des années plus tard, l’amie Xiaoqing, le Serpent Vert, après avoir gagné en puissance, revint défier Fahai, et réussit à libérer Bai Suzhen le Serpent Blanc, et sa famille. Réunis, ils vécurent heureux, leur amour triomphant enfin des épreuves.
Cette Légende du Serpent Blanc est très connue en Chine et a inspiré en grand nombre des opéras, des œuvres littéraires, des films, des séries… Elle continue de le faire, comme le prouve le récent et plaisant film d’animation "White Snake" (白蛇 ).
Voici une sélection d’ouvrages sur cette légende de Bai Suzhen :
En français :
Rigaldies, E.. La légende de Bai Suzhen. Autoédition (disponible sur les plateformes habituelles), 2022.
Une adaptation française complète de la légende du Serpent Blanc, accessible au grand public.
Mathieu, R. Contes et légendes de Chine. Presses Universitaires de France, 2006.
Un recueil de contes et légendes chinois, incluant la célèbre histoire de Bai Suzhen.
En anglais :
Shepard, A. Lady White Snake – A Tale from Chinese Opera. Skyhook Press. 2001.
Une version simplifiée du conte pour un public anglophone, inspirée de l’opéra chinois.
Roberts, M. Chinese Fairy Tales and Fantasies. Pantheon Books. 1979.
Une compilation de récits traditionnels chinois, avec une approche littéraire et historique.
You Feng. Legend of the White Snake (Bilingue chinois-anglais). You Feng. 2015.
Un texte bilingue permettant aux lecteurs d’explorer la légende en version originale et traduite.
En chinois (avec traductions) :
白蛇传 (Bai She Zhuan). Lady White Snake (Bilingue chinois-anglais). Foreign Language Teaching and Research Press. 2018.
Une édition bilingue pour apprendre le chinois tout en découvrant cette histoire mythique.
白蛇传 (Bai She Zhuan). Le Serpent Blanc (Bilingue chinois-français). Academia.edu. 2017.
Un document académique offrant une lecture parallèle en chinois et en français de la légende.
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